| Les strips |
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Avec la sortie du dernier Blake & Mortimer, imposible de ne pas penser à la parodie faite en son temps par le duo infernal...
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22-12-2003, 23:38:49 Un vieux lecteur
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En réponse à un Haut de Page intitulé "Franquin est-il fou", l'inventeur de Gaston Lagaffe s'était fendu d'une réponse-hommage dans le ton de Yann & Conrad. Le courant était bien passé entre ce grand représentant de l'ancienne école de la BD franco-belge et les deux sales garnements. A tel point que Yann s'est retrouvé aux commandes du scénario du Marsupilami quelques années plus tard, succédant ainsi à Greg (Achille Talon)...
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21-12-2003, 14:19:32 Un vieux lecteur
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Une parodie des couvertures du journal de Spirou telles que le grand et regretté Franquin les réalisaient à l'époque de la publication du "Nid des marsupilamis" dans le même journal, 30 ans plus tôt...
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21-12-2003, 05:32:32 Un vieux lecteur
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 "Eux, ce sont des demi-monstres, le génie n'épargne pas tout le monde. Ils sont arrivés à un stade ultime de dessin, ils ont perfectionné l'habileté graphique de Franquin, la causticité des dialogues de Tillieux, le dynamisme de Berck. Ils en ont fait une synthèse suprême. Je m'inquiète beaucoup pour eux." Chaland à propos de Yann & Conrad "Oui, nous sommes responsables de la première paire de couilles poilues qu'on ait vue dans Spirou" Yann & Conrad
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21-12-2003, 04:55:01 Un vieux lecteur
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 Liste des auteurs, éditeurs, ou personnages apparaissant dans les Hauts de Pages). Berthet (Le Privé d'Hollywood) Cauvin (Tuniques Bleues, Pauvre Lampil, Boulouloum & Guiliguili,…) Debecker (Romarin) Degieter (Papyrus) Degotte (Le Flagada) De Kuyssche (rédacteur en chef de 1979 à 1983, scénariste d'une série d'un surfeur dessinée par Hulet) Deliège (Bobo, les Krostons) Desberg (scénariste de Tif et Tondu, 421) Devos (Génial Olivier, les Extraterrestres) Dupuis Charles (éditeur historique des bandes dessinée chez Dupuis) Dutillieux José (néant) Franquin (Gaston et le Marsupilami) Gos (le Scrameustache) Hermann (Nic, tu rêves) Hislaire (Bidouille et Violette) Jidéhem (Sophie) Kox (l'Agent 212, les Contrebandiers ???) Macherot (Sybilline) Malik (Archie Cash) Martens (rédacteur en chef de 1968 à 1979, scénariste de "Comme un lion en cage" dessiné par Frank) Mitacq (Jacques Legall, la Patrouille des Castors) Mitteï (les Lettres de mon Moulin) Vernes (Bob Morane) Warnant (Thimothée Wang, créateur de Soda) Will (Tif & Tondu, Isabelle) (à compléter)
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21-12-2003, 04:45:23 Un vieux lecteur
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.jpg.150.150.jpg) Nous connaissons tous le journal de Spirou mais quel était-il à l’aube de l’apparition des Hauts de Pages ? Le journal de Spirou est à la fin des années 1970 une institution vieillissante qui se repose sur ses acquis et dont le lectorat s’effrite irrémédiablement. Créé en 1938 par Jean Dupuis* (…baratin Larousse BD). Le ton du journal trahissait alors une certaine indolence, voire même une sorte de sclérose. La formule qui avait fait le succès du journal dans les années 50-60 tournait à vide. De grands auteurs comme Tillieux, Hubinon, Jijé sont morts. Morris a quitté la maison en 1968 pour Dargaud et Peyo* pour sa part est en procès avec Dupuis. Quant à Franquin*, le pilier de la vénérable institution, lui ne produit presque plus. Enfin les bandes de Roba, Macherot* ou Jidéhem* n’ont plus la fraîcheur d’antan. Restent quelques noms d’importance comme Will*, Deliège* ou Degotte* mais le journal est en partie dominé par les productions assez moyennes du prolifique Raoul Cauvin*, devenu scénariste par promotion interne. Thierry Martens* en est rédacteur en chef depuis 1968. Mis à part les « Cartes Blanches à » qui débutent en 1974 et révèlent quelques jeunes talents (retrouver Spirou Nostalgia C’était une rubrique de Delporte et Martens qui passait dans Spirou dans les numéros précédant le 3000, ils ont réédité pas mal de vieux matériel, notamment des cartes blanches), il n'y a pas grand chose d'excitant à se mettre sous la dent chez Spirou, ces années-là. En 1977, une initiative géniale de Delporte et Franquin, le Trombone illustré*, supplément gratuit au journal Spirou, ne manque pas de susciter l'intérêt des lecteurs en quête de renouveau mais l'expérience ne dure que 30 numéros. Un article du Trombone par trop anti-militariste n'avait pas plu au plus gros annonceur publicitaire du journal… l'armée belge ! 1979 voit la nomination d’un nouveau rédacteur en chef, Alain De Kuyssche*. Il recrute des jeunes en masse, notamment ceux révélés par les "Cartes Blanches" : (trouver les dates d’apparition de ces fameux jeunes auteurs) Bercovici, JR + PH (les futurs Tome & Janry), Bernard Hislaire, André Geerts, Frank Pé, Philippe Berthet, Antonio Cossu et bien sûr Yann & Conrad. Ce rédacteur en chef a des idées. Il imagine le concept d’animation : une intervention en marge du journal par des jeunes auteurs afin de redonner vie à l’hebdomadaire. Les rôles sont distribués : Hislaire pour les bas de pages, Tome et Janry pour la rubrique jeux, Frank créé les premiers strips de l’Elan. La seule place encore disponible qu’Alain De Kuyssche peut "proposer" au duo marseillais, c’est le haut des pages du journal. C’est le début d’une grande aventure…
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21-12-2003, 04:34:47 Un vieux lecteur
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 Tous deux ont débuté comme dessinateurs dans Spirou mais il s’est très vite avéré que Conrad était un prodigieux dessinateur, tandis que Yann se sentait bien plus à l’aise dans l’écriture. Notons que la première histoire des Innommables fut dessinée par Yann et scénarisée par Conrad. La raison ? Conrad était déjà fort occupé à dessiner Jason pour le scénariste Mythic. Mais au vu des limites graphiques de Yann, Conrad passait fréquemment derrière pour corriger les planches. Quand Conrad s’est brouillé avec Mythic il a alors repris entièrement le dessin à sa charge (dans les dernières pages de Matricule 000). Si les rôles furent dès lors bien établis, Yann continua néanmoins d'influencer le style graphique général, adorant les nains furieux (Dans une entrevue accordée aux Cahiers de la BD, Yann note que le goût de Conrad pour les personnages très petits et des personnages grands et gros vient de l’influence d’Uderzo. Il faut savoir que Yann est un des rares scénaristes qui proposent un découpage visuel à ses dessinateurs, influençant par là-même le style du dessinateur. En ce qui concerne les Hauts de Pages, s’ils ont tous été vraisemblablement dessinés par Conrad, il est fort possible que ce dernier ait apporté ses propres idées aux côtés de celles de Yann.
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21-12-2003, 04:28:22 Un vieux lecteur
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 Yann Lepennetier, dit Yann, est né à Marseille en 1954. Alors étudiant en troisième année d’architecture Yann propose au journal de Spirou une Carte Blanche* de deux pages réalisées dans un style inspiré par Franquin, dont le héros est l'élève Balac. Peu après, l’un de ses frères lui signale la parution de la carte blanche (en 1973) d’un jeune Marseillais de 14 ans, Didier Conrad, né en 1959, et le pousse à entrer en contact avec lui. Anecdote amusante, c’est la mère de Yann qui téléphonera à la mère de Conrad pour organiser la rencontre. Les futurs compères semblent alors ne pas avoir de goûts en commun, cependant ils continuent de se fréquenter pour échapper à leur isolement et finissent ainsi par devenir amis. C’est donc ainsi que se forma l’une des associations d’auteurs les plus marquantes de la bande dessinée européenne. Ils dessinent ensemble une nouvelle carte blanche pour Spirou en 1975. Suit une période opaque pour laquelle on ne dispose pas d’éléments. En 1978 nous retrouvons Conrad aux crayons de la série Jason sur un scénario de Mythic (alias Jean Smit le Bénédicte). L'esprit des Innommables n'est pas loin. La première collaboration d’envergure signée Yann & Conrad suivra de près : il s’agit du récit complet "Sawfee, la saga du pendu", qui se veut une parodie de western-spaghetti à la Clint Eastwood.
Pour faciliter le contact avec la rédaction, le duo marseillais monte à Bruxelles, rue de Livourne*, au siège du journal de Spirou Ils logent dans la « maison des auteurs », une structure d’accueil créée par José Dutilleux, figure historique du dessin animé belge qui officiait chez Dupuis, en tant que "directeur du concept" (!). Ils publient alors de nouveaux travaux, où germe peu à peu l'« esprit Yann & Conrad », un esprit bien antérieur aux Hauts de Pages ( « Spirou le journal qui fait pipi partout »). rue de Livourne* = Jusqu'à la première vente des éditions Dupuis fin des années 1980, par les héritiers Dupuis, les bureaux du beau journal de Spirou se trouvaient rue de Livourne, à Bruxelles. Lors des revente(s ?) et réorganisations ultérieures du groupe, les bureaux ont été transférés avenue des Arts, toujours à Bruxelles pour finalement atterrir à Charleroi, plus près de l'imprimerie historique, berceau des éditions Dupuis. Le jeune duo marseillais lance en 1980 une série à suivre : "Les Innommables", dont la première histoire, "Matricule 000" commence à paraître au numéro 2182. En 1981, le deuxième épisode des Innommables, "Shukumeï", accompagne les débuts des Hauts de Pages façon Yann & Conrad. Lorsque l’animation des Hauts de Pages prend fin en 1981, Cloaques est annoncé mais reporté. 1982 marque le retour de Yann & Conrad, par le biais de nombreuses petites histoires et d'un nouvel épisode des Innommables : "Aventure en Jaune". L'esprit frondeur de cet épisode est tel qu'ils seront définitivement virés. On y découvre un Tony en proie à des angoisses insupportables tandis qu'il découvre son homosexualité refoulée, se baladant sans slip sur le ponton d'un bateau, le service trois pièces exposé aux vents et marées. Tout cela dans le journal qui publie les belles aventures du gentil Scrameustache A peine jetés de chez Dupuis, Glénat met le grappin sur le sulfureux duo. Cela donne "Bob Marone" dans le mensuel Circus, qui développe une parodie hilarante amorcée dans les Hauts de Pages de Spirou. Dans Spirou, la parodie faisait référence aux romans, illustrés çà et là d'un hors-texte noir et blanc, tandis que dans Circus "Bob Marone" est une bande dessinée en couleurs.
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20-12-2003, 18:40:25 Un vieux lecteur
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 Il s’agit le plus souvent d’un dessin en noir et blanc se présentant sous la forme d’une bande horizontale (strip) placée dans la marge supérieure du journal de Spirou, le fameux hebdomadaire belge de bandes dessinées de « ceux qui savent dire non ». Au sein de « l’animation » (nous reviendrons en détail sur ce vocable mystérieux), la fonction des Hauts de Pages était de rendre le journal plus vivant, et, par là-même, de susciter l’hilarité du lecteur. Leur création sous cette forme revient à un duo d’auteurs marseillais, les désormais célèbres Yann & Conrad*. La formule utilisée fut inaugurée par Franquin dans les années 1950 lorsqu'il animait la couverture de l'hebdomadaire Spirou. Franquin dessinait en haut de la une Spirou ou Gaston déguisé en un des personnages de BD paraissant cette semaine-là. Certes des Hauts de Pages existaient avant que Yann & Conrad ne les prennent en charge mais, selon Yann lui-même, ils étaient tellement insipides qu’avec Conrad il en a réclamé la suppression auprès du rédacteur en chef du journal, Alain De Kuyssche*. Ce dernier les prend au mot et leur confie la rubrique. Le nouveau concept est inauguré par Yann & Conrad dans le numéro 2225, en 1980. Ainsi naissent les Hauts de Pages tels que nous les présentons ici. L'aventure durera jusqu'au numéro 2269 de 1981. En seulement 10 mois d’existence (et non 8 comme l’ont revendiqué les auteurs), les Hauts de Pages ont provoqué, par le talent et par l’énergie mis en œuvre, rien moins qu’une tempête dans le petit monde du journal de Spirou, divisant les auteurs entre partisans et ennemis* des Hauts de Pages. Qu'importe, les Hauts de Pages de Yann & Conrad insufflent une fraîcheur salutaire dans le vénérable hebdomadaire en voie de fossilisation au sortir de son 40ème anniversaire. ennemis* = Leloup avait obtenu qu'aucun Haut de Page ne vienne troubler la lecture des planches de Yoko Tsuno. Résultat, les Hauts de Pages faisant référence à Yoko Tsuno paraissaient au-dessus des planches de Sophie (de Jidéhem) qui, du coup, n'était jamais embêtée. Les Hauts de Pages ont apporté un esprit critique et frondeur, drôle et impertinent au sein d’ une publication pour la jeunesse alors en quête de renouveau. Cette expérience historique à révélé aux lecteurs la petitesse d'esprit de certains auteurs mais surtout l'incroyable talent du jeune duo marseillais. Le phénomène ne laissa personne indifférent dans la profession. Un événement analogue, toutes proportions gardées, à celui de l'avènement des Guignols de l'Info sur Canal+, dans les années 1990.
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20-12-2003, 18:29:50 Un vieux lecteur
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